samedi 11 septembre 2010

Paris 1 - Emilien 0

Je prie mes lecteurs de bien vouloir m'excuser pour le temps de publication de ce nouveau message.

Je leur prierai aussi d'excuser le manque de photos, que je rectifierai lors de ma prochaine visite à Paris, le 20 septembre prochain.

Première mise en bouche hier, vendredi 10 septembre, pour une "pré-rentrée" au Centre Panthéon, pour rencontrer les professeurs responsables de mon master.


Acte 1, Scène 1 : Aller à Paris et affronter la jungle parisienne

Nous devions nous lever à 6h de la Ploucquie Bis (la Ferrière, résidence de Madame ma maman) (Ploucquie étant le nom officieux de la Roche sur Yon, mais aussi, déclinée selon les goûts et les couleurs de chacun, le nom de toute ville moyenne sans grande prétention mais qu'on apprécie quand même).

Comme de bien entendu, je m'étais couché à 1h, à cause d'un reportage qui m'a coincé devant la TV (que je conseille à mes amis juristes : reportage sur l'affaire de l'incinérateur de Gilly-sur-Isère, l'instruction de la juge Gerhards-Lastera et l'indépendance des juges d'instruction... Bref je m'égare). Du coup, levé une demi-heure en retard (j'entends déjà les "logique, c'est Emilien), et partis un peu sur les chapeaux de roue...

La traversée sous le brouillard de la province ligérienne et centrale s'étant à peu près bien déroulée, la première épreuve consistait à entrer dans Paris et retrouver la résidence.

Sauf que conduire dans Paris, c'est un sport en soi.

Il faut déjà faire fi du clignotant, simple loupiote orangée de décoration pour une grande majorité de conducteurs de la capitale, "je l'enclenche seulement quand je commence à tourner" pour les autres.

Il faut se pousser. Tout le temps. Laisser la place à la voiture qui vous coupe la route, au scooter qui passe à gauche ou à droite (des fois les deux, j'en étais à me demander s'ils n'allaient pas rouler SUR la voiture), au piétons qui traversent quand ils en ont envie (c'est-à-dire généralement quand leur feu est rouge, ce serait trop simple sinon...).

Le tout, avec une population humaine et métallique sans commune mesure avec celle qu'on connaît en Ploucquie, à Nantes ou toute autre ville comparable, des travaux à tous les coins de rues (on dirait Bruxelles, à la différence près que les travaux à Paris ont un signe de reconnaissance entre eux : la fameuse barrière vert et gris, tellement significative de la capitale en perpétuelle reconstruction).

Magnifique, non ?

Après avoir manqué de renverser deux mamies, quatre scooters, et tué un ou deux pigeons, on pouvait commencer à entonner Bloody Sunday, notre poitrine aurait pu aisément remplacer le batteur de U2.


Acte 1, Scène 2 ; Se garer à Paris

Le provincial, quel qu'il soit, n'est pas le bienvenu à Paris. Les infrastructures immobiles de Bertrand Delanoë n'ont pas besoin d'être douées de la parole pour vous le faire comprendre.

Après avoir trouvé une place (ce qui n'est pas - il ne faut pas non plus exagérer - plus difficile que dans une autre ville de taille importante), tous honnêtes non-parisiens que ma mère et moi sommes nous dirigeons vers le parcmètre pour lui extorquer, moyennant quelques pièces sonnantes et trébuchantes, le petit bout de papier assurant une protection adéquate contre les femmes et hommes en bleu appelés "Police du stationnement", ou plus couramment "gendarmettes".
Seulement, les parcmètres parisiens sont bien plus civilisés que leurs homologues provinciaux. Ils n'acceptent plus ce moyen archaïque de paiment que sont les espèces, et refusent qu'on les approvisionne autrement que par la fameuse "carte de paiement" de la Mairie de Paris.

Toute personne ne résidant pas à Paris, n'a évidemment pas pris la peine de se faire livrer la sacro-sainte carte.

Pas de carte, pas de chocolat

La voiture a donc été laissée en pâture aux PV (merci de ne pas appeler la SPA, elle ne s'occupe pas encore des voitures maltraitées). Me souvenant de Marie qui, pour défendre sa Passat face à l'oppresseur, m'avait certifié que "de toute façon la prune coûte moins cher qu'une journée de stationnement", j'ai rassuré la voiture, et sa conductrice.


Acte 2 : Découverte de l'appartement 2

Photos à venir :)

Il y a eu, pour ceux qui ne le savaient pas, une première découverte de l'appartement le 21 août. Je vous épargne les détails de la recherche d'un logement à Paris, qui peut se résumer à :
- Particuliers : non (se pointer à une heure fixée arbitrairement par le propriétaire pour espérer que notre faciès lui siéra, et qu'il nous rappellera plusieurs jours plus tard pour nous dire que finalement, c'est bon)
- Banlieue : moins cher, mais trop loin, et toujours le même système
- Résidence étudiante : cher, mais gage de bonne qualité et d'absence d'emmerdes.

C'est donc la résidence étudiante qui a retenu notre choix. Sauf que le 21 août, l'appartement que nous avons découvert était légèrement (doux euphémisme) différent des photos que l'on nous avait présentées. Peinture à refaire, sol graisseux et noir, meubles gris de poussière et de graisse, bac de douche noir, micro-onde avec des restes de bouffe, chasse d'eau des toilettes non tirée, matelas moisi (vert et noir...), fuites, absence de joints dans la salle de bain, barre de douche qui pendouille, pommeau de douche troué...
Le tout avec un état des lieux pré-rempli que le concierge voulait à tout prix nous faire signer (état des lieux où tous les critères se voyaient attribuer la case "bon").

Bref, il a fallu appeler, écrire, crier au téléphone. On nous avait promis un "décrottage complet" de l'appartement et les réparations adéquates.

A notre arrivée ce vendredi, le ménage avait été fait, plutôt succinct, mais fait. Par contre, je ne peux à ce jour :
- ni dormir (le matelas est moisi)
- ni me doucher (l'eau sort de partout, sauf de la pomme de douche)
- ni faire ma vaisselle (l'eau s'écoule religieusement dans mon placard)

Le concierge parti, l'agence ne répondant pas, Madame ma Maman décide de prendre gants et produits pour nettoyer le reste elle-même, et commencer à aménager.

Je pars, pour ma part, au Panthéon, la réunion de rentrée approche.


Acte 3 : Pré-rentrée et marquage de territoire

Nous nous étions donnés rendez-vous avec Louis...

Ah oui, pour ceux qui ne le connaissent pas, je dois vous présenter Louis, qui risque de faire son apparation assez régulièrement dans ce blog. Louis a eu l'immense honneur de partager avec moi une année de labeur au sein du M1 Droit Public Général à la fac de droit de Nantes. On s'est vite bien entendus, surtout quand il s'agissait de protester contre l'équipe administrative, l'équipe enseignante, l'équipe décanale (rayez la mention inutile).

Bref, il a décidé d'être mon co-sorbonnard pour cette année (sorbonnard étant le nom peu sympathique donné aux étudiants des trois Sorbonne) (le renard globetrotteur Mozilla ne me censure même pas "sorbonnard"... J'ai vraiment du retard...), qui plus est dans le même master que moi.

Reprenons.

Nous nous étions donnés rendez-vous 1h en avance devant le Centre Panthéon, Place du Panthéon (la photo qui côtoie la brioche, oui, là, en en-tête de ce blog).

J'arrive un quart d'heure avant notre rendez-vous. Oui. Vous avez bien lu. Emilien peut arriver en avance. Paris serait-elle déjà en train de me transformer ?
Vite une cure de désintoxication : "Mogette ! Beh Dame ! Ramasse-bourrier ! Zégate ! Marcel Guérineau ! La Copechanière ! J'vous dit quoi ! A Fréland y'a des serpents qui mangent les enfants tout vivants !". Ouf, ça va beaucoup mieux.

La faculté est tout simplement magnifique. Ca change du bunker des années 50 de Nantes.

Site historique de la Sorbonne, Place de la Sorbonne


La fac de droit, ou Centre Panthéon


L'intérieur du Centre Panthéon... Rozen Noguellou y a fait ses premiers pas...


Après être allé chercher Louis ("Je trouve pas ! Je suis devant le Collège de France là..."), on a visité un peu les lieux. C'est un peu labyrinthique, mais ça mis à part, l'administration semble compétente (une secrétaire dédiée pour une centaine d'étudiants à tout casser dans les quelques masters de l'UFR Droit et Administration), les premiers contacts avec les profs sont plutôt concluants, les élèves viennent pour moitié de province (c'est tout con, mais ça rassure, va savoir pourquoi...)...

Et surtout : l'emploi du temps. 15h de cours par semaine, finis les dissertations et autres mémoires à préparer d'une semaines à l'autre, finie la lourde et frustrante note de synthèse, finis les weekends de 4h...
Pas cours le lundi ni le vendredi après-midi (ce qui signifie weekends allongés en perspective en Alsace, dans les Ardennes et surtout dans l'Ouest, le tout avec parcimonie), une année qualifiée "d'épanouissement juridique et personnel", à base de lectures individuelles et de projets collectifs.
Ca faisait 4 ans qu'on attendait ça !

Tout heureux de ma rentrée, je m'en retournais à mon appartement, donnant rendez-vous à Louis pour un retour en commun dans nos verts pâturages de l'Atlantique.


Acte 4 : SmackDown : Maman vs Concierge

Une fée du logis était passé dans mon appart', tout propre, tout rangé. Les mamans, c'est efficace.

Il fallait maintenant se fritter avec le concierge. Ca n'a pas manqué. Ulcérée par les problèmes qu'il restait dans l'appart, ma catcheuse de mère s'en est donné à coeur joie contre 1m90, 100kg. Le concierge, énervé, a fini par menacer de "se mettre en arrêt maladie", si on continuait à le stresser. Ca promettait de la capacité dudit monsieur à dialoguer avec les locataires...
Pour résumer, le fight fini, on se fait berner par l'agence et le concierge, qui se renvoient la balle (paraît-il qu'ils sont en procès l'un contre l'autre, moi je m'en fiche, je veux un appart dans lequel je peux vivre normalement... Pour 830 euros par mois, ça me semble être un minimum).

Louis arrive, et nous concluons : ce sera lettre recommandée avec accusé réception, et menace de procès. On fait pas dans la demi-mesure, chez nous !


Acte 5 : le retour

Quelle joie de découvrir, en arrivant à la voiture, que la Préfecture de Police de Paris avait déposé un joli petit cadeau sur le pare-brise, sur lequel on pouvait lire "le PV vous sera envoyé sous peu, accompagné d'une carte de paiement pour vos prochains stationnements à Paris".

En gros, pour stationner à Paris quand on est provincial, il faut d'abord se prendre un PV !

Le retour s'est plutôt bien déroulé, sur fond de discussion autour de la politique vendéenne et nantaise, et c'est à 2h du matin, exténués et légèrement dégoutés de la capitale, qu'on s'est couchés.



Prochain message, je vous la fait plus court, et moins descriptif. Là, au moins, je vous ai planté le décor global :)

jeudi 2 septembre 2010

Avant toute chose : bonsoir m'sieurs dames

La vague des blogs d'expatriés des Mines est terminée depuis peu. Forcément, y'a pas fallu longtemps pour que l'une d'entre eux me lance un "eh, tu tiendras un blog sur Paris !" (spéciale dédicace à notre blonde en chef).

Me voilà lancé dans l'écriture, je l'espère régulière, d'un blog sur moi à Paris. Ca semble complètement égocentrique et inutile hein ? Normal, paraîtrait que c'est fait pour. Le pire, c'est que ça plait.

D'avance je vous prie de m'excuser : je n'ai ni la plume satiriquement chatoyante d'un PM déchaîné par les KwikiMart, ni le doigté nécessaire sur Paint pour me créer un avatar à la Péclo Mihilan.
Vous allez devoir lire des choses pas forcément intéressantes et pas forcément drôles en somme. En fait, vous allez vous torturer à suivre ce blog. Sympa comme idée non ? :p

Bon bref, M'sieurs dames, bienvenue sur Brioche et Panthéon, titre trouvé à l'arrache cette nuit de début septembre après une soirée avec Lagueyte corporation (moins le chef Biglard) à regarder (et surtout commenter) l'horreur audiovisuelle roulée à la main sous les aisselles par Angela Lorente, Madame Télé-réalité de TF1.

Notre travail, vendre du temps de cerveau disponible


Vous aurez reconnu Secret Story (Cretcret pour les intimes, mais là n'est pas la question, c'est pas un blog sur mes vacances avec les Lagueyte mais sur les bourdes que je vais faire à Paris).

Je suppose que la subtilité peu subtile du titre ne vous a pas échappée, mais j'en vois déjà qui dodelinent de la tête pour attendre une explication plus poussée :
- Brioche = Vendée = moi en Ploucquie natale
- Panthéon = université = Paris

C'est fin c'est très fin ça se mange sans fin ! (je m... quiconque ose penser que j'ai des références cinématographiques pourries, ce qui n'est pas tout à fait faux).

Pour une explication du sous-titre, c'est un mélange de ce qui fait de moi un "ardenno-alsaco-vendéen" :

### ATTENTION LA PARTIE QUI VA SUIVRE EST PLUTOT ENNUYEUSE###
- Beh dame : expression vendéenne pure et dure signifiant... euh... pas grand chose en particulier, ça se traduirait par "eh bien !", "ben dis donc" ou autres "mazette !"
- Campvolant : du bon patois ardennais. Ca se résume par "plouc".
- Derzer : patois welche (Alsace) : vadrouiller
- Skey : patois welche : bizarre
### FIN ###

Pas beaucoup plus fin n'est-ce pas ?

Là, il est tard, vous pouvez d'ores et déjà rejoindre ce truculent blog qui va honteusement s'inspirer de ce qui a pu être fait par d'autres.
Prochain message : les tribulations pré-parisiennes, ou comment être dégouté de ne pas avoir regardé un peu plus et un peu plus tôt.

Allez... A t'chao bonsoir !